Carnaval de Granville 2026 : l’UNESCO débarque à Mardi Gras en Normandie
Granville, février 2026. Cinq jours de carnaval dans une cité maritime normande qui a inventé ses propres codes il y a cent cinquante ans, et qui les défend avec une énergie de corsaire. On est loin de Nice avec ses paillettes calibrées pour la télévision, loin de Dunkerque et ses bandes compactes. Ici, c’est le carnaval des marins, des Terre-Neuviers, des gens qui partaient des mois en mer et qui fêtaient leur retour comme s’ils auraient pu ne jamais revenir. Cette histoire-là, elle se ressent dans chaque char, dans chaque déguisement, dans le Jugement du Roi des 400 Coups qui brûle le dimanche soir devant des milliers de spectateurs. L’UNESCO l’a inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité en 2016. Ce n’est pas rien.
1875 : les marins qui fêtaient avant de partir
Granville au XIXe siècle, c’est un port actif dont les bateaux font la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Avant de partir pour des campagnes de six mois — et certains ne revenaient pas — les équipages fêtaient Mardi Gras avec une intensité compréhensible. Le carnaval de Granville naît de cette tradition maritime : une fête de l’excès avant le jeûne du Carême, une fête du départ avant la mer froide et l’incertitude.
Depuis la première édition documentée en 1875, le carnaval a traversé deux guerres mondiales sans jamais vraiment mourir. En 2026, c’est la 152e édition. Cent cinquante-deux ans de chars, de confettis, de costumes, de farine et de serpentins dans les rues d’une ville qui n’est pas grande mais qui sait recevoir.
Cinq jours, un programme, une seule règle : participer

Le carnaval de Granville s’étale sur cinq jours autour de Mardi Gras. Le temps fort, c’est le dimanche des chars : un défilé de géants de papier mâché et de carton-pâte qui satirise l’actualité de l’année — politiques, sportifs, personnages de l’an passé passent à la moulinette granvillaise. Les chars sont fabriqués à la main par des associations locales durant des mois, et ça se voit. Ce ne sont pas des structures industrielles — c’est de l’artisanat populaire, avec ce que ça a d’imparfait et de vivant.
La Bataille de confettis dans les rues de la vieille ville, c’est exactement ce que le nom promet : une guerre totale, colorée, riante, où personne n’échappe. Emportez des lunettes de piscine si vous tenez à vos yeux. Le lundi, le Cavalcade réunit les déguisés du carnaval. Et le mardi soir — Mardi Gras lui-même — le Roi des 400 Coups est jugé en place publique pour ses péchés de l’année, condamné, et brûlé sur un bûcher. La foule applaudit. Le Carême peut commencer.
Infos pratiques
- Dates 2026 : Cinq jours autour de Mardi Gras (mi-février — vérifier les dates exactes sur le site officiel du carnaval)
- Lieu : Granville, Manche (50)
- Accès : En voiture depuis Avranches (30 min), Cherbourg (1h15). Train depuis Paris Montparnasse (3h). Prévoir du stationnement — la ville est petite et les rues se ferment.
- Hébergement : Réserver très tôt. Granville a peu d’hôtels ; les gîtes de la côte et de l’arrière-pays se remplissent vite en période de carnaval.
- Entrée : Le défilé est gratuit en bord de rue. Des tribunes payantes permettent une vue dégagée.
- Météo : Normandie, février. Prévoyez l’imperméable, les bottes et la bonne humeur — la pluie ne stoppe pas le carnaval.
Pourquoi ça vaut vraiment le détour en plein hiver
Parce que les carnavals qui durent depuis cent cinquante ans sans aide européenne ni budget marketing colossal, ça ne court pas les rues. Le carnaval de Granville dure parce que les Granvillais le font vivre — les associations, les familles, les quartiers qui se disputent affectueusement le titre du plus beau char. C’est un carnaval « de dedans », pas un carnaval pour les touristes. Et paradoxalement, c’est précisément pour ça qu’il vaut le voyage.
Il y a quelque chose de roboratif dans une fête de plein hiver, normande, maritime, qui n’a pas peur du froid et qui s’enflamme littéralement le dernier soir. Une bonne dose d’anti-dépresseurs saisonniers sous forme de confettis et de cidre chaud.
Les environs : la Normandie à portée de char
Le Mont-Saint-Michel à 60 kilomètres — et non, en février il y a beaucoup moins de monde qu’en été. Les plages du Débarquement si vous remontez vers Bayeux et Caen. Avranches et ses jardins botaniques. Et côté table : les huîtres de la baie du Mont-Saint-Michel, le camembert de vrai lait cru (pas l’autre), le pommeau de Normandie, la teurgoule — ce riz au lait à la cannelle cuit des heures dans un four normand qui sent la ferme et l’hiver et la douceur.
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